Test : KEF LS50

KEF

Depuis sa présentation au Printemps à Munich, la LS50 a été unanimement saluée par une presse très louangeuse. C’est mérité ! Mais ce que peu de journalistes ont dit, c’est que ce mini monitor se mérite…

On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Aussi, pour son cinquantième anniversaire, KEF fait un clin d’œil à sa propre histoire avec la LS50. Cette nouvelle enceinte a été réalisée en hommage à l’historique LS3/5a, réalisée en 1974 sur un cahier des charges de la BBC, et construite sous licence par KEF.

En revanche, si la LS50 est aussi compacte que sa prestigieuse aînée, et qu’elle est également destinée à évoluer derrière une console, les similitudes s’arrètent là. Sa conception est assez différente, puisqu’il s’agit d’une enceinte décompressée fonctionnant en bass-reflex, alors que la LS3/5a était une enceinte close.

Mais là encore, KEF s’est démarqué en développant un évent particulier, au profil ovoïde, et au matériau souple, capable d’éliminer virtuellement les bruits d’évent, pour une réponse infiniment plus droite.

A l’intérieur du coffret, le cloisonnement assure une diffraction des ondes stationaires.

Aucune vis n’est visible de l’extérieur, hormis les quatre placées en face arrière et recouvertes d’un opercule en caoutchouc.

Au centre du baffle profilé, on trouve un haut-parleur coïncident Uni-Q, quasiment le même que celui utilisé sur la très couteuse Blade. Ce transducteur combine un tweeter ventilé en aluminium de 25 mm de diamètre, et un médium de 130 mm en  alliage de magnésium et d’aluminium. La motorisation conséquente permet un pilotage précis et puissant des ces équipages mobiles. La fréquence de coupure entre les deux sections se situe à 2.2 kHz.

Visuellement, le transducteur Uni-Q est d’une belle teinte or rose qui tranche avec la laque haute brillance noire piano du coffret.

Analyse sonore
Cette enceinte excèle sur deux critères particuliers : la scène sonore et le comportement dynamique. A priori, c’est assez logique, les petites enceintes possèdant générallement de belles aptitudes à imager, et sont équipées de transducteurs légers aux accélérations marquées.
Cela dit, la LS50 est particulièrement à l’aise en la matière, et marque des points par rapport à ses concurrentes, car sa reproduction tridimensionnelle est assez remarquable pour son prix. L’environnement sonore est restitué avec un luxe de détails évident, et surtout, l’image sonore reste en toute circonstance d’une grande stabilité, ce qui n’est pas toujours évident, loin d’en faut.
Second point marquant, la LS50 accèlère vite et bien. Bien, cela signifie sans traînage, ni amortissement. Les percussions restent bien sèches, et toniques.
La bande passante est assez large pour un moniteur aussi compact, avec un haut grave bien marqué, une sensation de matière plausible, et un équilibre général qui s’exprime sans coloration.
Bref, pour son prix, la LS50 se place vers le haut de la hiérachie des mini monitors. En revanche, sa mise en œuvre doit impérativement être soignée.
En premier lieu, elle exige des supports de qualité. Et les modèles lourds à colonne centrale, ne semblent pas nécéssairement les plus indiqués. Nous avons procédé à des essais avec des modèles « squelettes » en acier, entièrement soudés, ressemblant aux anciens modèles réservés aux Linn Kan, et obtenu d’excellents résultats. Ces supports peuvent se trouver d’occasion ! En neuf, les Partington Super Dreadnought sont d’excellents produits qui permettent aux LS50 de développer un beau grave !
En matière d’électronique, impossible de lésiner. Avec un « petit » ampli, les LS50 ne décolleront pas. Elles ont besoin d’être pilotées par un produit suffisemment puissant (une bonne cinquantaine de VRAIS watts), mais surtout doté d’une alimentation vigoureuse. Un Atoll IN100 fera l’affaire, ou mieux encore, un Naim Nait XS. En-dessous, il est préférable de ne pas se faire d’illusion…

Positionnement hiérarchique
Les LS50 sont d’excellentes enceintes, réussies à bien des égards. Plus que d’autres, elles exigeront des attentions particulières pour délivrer leur plein potentiel. En échange de quoi, elles vous combleront de bienfaits sonores, avec une bonne intégrité acoustique. Moyennant cette « clause suspensive », elles font partie de nos préférées dans cette gamme de prix, en compagnie des Totem Mite, entre autres.

Les chiffres
Prix : 1000 € la paire
Dimensions : 200 x 302 x 278 mm
Poids : 7.2 kg
Réponse en fréquence (- 6 dB) : 47 Hz – 45 kHz
Rendement (2.83 V/1 m) : 85 dB
Impédance nominale : 8 Ω
Impédance minimale : 3.2 Ω